J’ai testé pour vous… Le saut à l’élastique !


C’était l’été, dans un festival de musique sur trois jours. Le dernier jour, avec un pote, on avait quelques heures à perdre avant d’aller aux derniers concerts. On avait dormi dans des tentes tout le week-end, beaucoup dansé, peu dormi. Forcément, à ce moment-là, se poser 3h dans la file d’attente pour faire le grand saut (à l’élastique), ça ne nous dérangeait pas tant que ça.
« On va vraiment sauter de tout là-haut » ?
Au fur et à mesure qu’on avançait, on voyait tous les gens devant nous sauter les uns après les autres. Plus on se rapprochait, plus l’excitation montait. « On va vraiment sauter de tout là-haut » ? C’était une grue d’environ 200 mètres (d’après mes souvenirs), avec une nacelle mobile qui montait jusqu’au sommet de la grue. Les festivaliers montaient par deux, accompagnés par une monitrice, et sautaient à l’élastique depuis la nacelle.
« Imagine que tu changes d’avis ? » 
« Ca doit être compliqué quand on est là-haut » me dit la fille devant moi, « imagine que tu changes d’avis ? Tu crois qu’on te pousse quand même dans le vide ? ». Justement, un mec déguisé en vache (super costume) était en ascension dans la nacelle. Il n’a pas voulu sauter une fois en haut. Trop peur. Je comprends mais bon, c’est dommage parce qu’avec son costume ça aurait été cool de voir une vache sauter à l’élastique. Et puis, il a fait tout ce chemin pour rien… il doit être un peu deg’ d’avoir attendu 3h. Au moins ça veut dire qu’une fois là-haut, on te laisse le choix !
Ça y est, c’est notre tour ! Le moniteur nous fait signe à mon pote et moi. Il nous passe un bracelet, et nous demande de vider nos poches dans nos sacs à dos. Il nous pèse ensuite à tour de rôle. J’avais pas pensé, mais effectivement le poids du tandem est important pour éviter de craquer l’élastique. Après la pesée, on enfile un harnais chacun, et on attend que les deux moniteurs au sol rattrapent les deux qui ont sauté avant nous, encore la tête en bas et suspendus par les pieds. Ils sont un peu pâles, mais bizarrement, personne ne vomit.
« Ah, ils changent l’élastique ? »
Il faut attendre 3min de plus, relou… D’ailleurs, je me demande pourquoi ils le changent cet élastique, il semblait opérationnel. « Il marche plus celui-là ? Il a craqué ?! ». Non pas de soucis, c’est juste qu’un élastique est utilisé 20 fois, et puis on le jette, par précaution. Ça évite les accidents.
Bon, au moins on a un élastique tout neuf, aucun risque. Ils attachent nos harnais à l’élastique et on monte dans la nacelle avec la monitrice. Pendant qu’on monte, je regarde le sol qui s’éloigne. Le temps passe à la fois très vite et très lentement, et je sens mon estomac qui se sert un peu plus à chaque mètre d’altitude. Oh la vache ! On a vraiment l’impression que c’est plus haut d’ici que quand on est en bas. Pendant l’ascension, la monitrice parle à toute vitesse (ce qui me stresse encore plus). Elle annonce en haut-débit qu’une fois en haut, elle va compter jusqu’à 5 et on devra sauter tous les deux, côte-à-côte en se tenant par la taille. Okay ? Ca a l’air facile… J’ai l’impression de regarder le sol depuis le haut de la tour Effel. Les gens sont tellement minuscules que je peux plus les reconnaître. Je profite de la vue panoramique sur l’ensemble du festival, le camping, la forêt…et la nacelle s’arrête enfin. A peine 2 secondes plus tard, j’entends derrière moi : « Un-deux-trois-quat’-cinq : Sautez ! ».
« Le cerveau plein à ras bord d’adrénaline »
Mon cerveau s’est mis en pilotage automatique dès que j’ai entendu le décompte de la monitrice, et on s’est jeté dans le vide sans réfléchir. Bizarrement, pendant la chute on peut même pas crier, c’est bloqué. Pendant que je tombais la tête la première dans le vide, je ne pensais à rien. La sensation de la chute libre m’empêchait de réfléchir, le cerveau plein à ras bord d’adrénaline. L’angoisse et la peur, à leur comble au moment de sauter, disparaissent presque instantanément lors de la chute, pour laisser place aux bonnes vieilles sensations fortes. Ça fait du bien !
« C’est fait, c’est fait ! »
Une fois que t’as sauté, de toute façon t’as plus rien à décider, c’est fait, c’est fait. L’élastique te fait remonter et retomber 3 ou 4 fois avant de s’arrêter. Une fois qu’on a fini de faire le yoyo, les deux moniteurs au sol nous rattrapent, la tête en bas, pendant que la nacelle nous redescend vers la terre ferme, en douceur.
Je pense que le pire moment d’angoisse est quand tu montes en nacelle jusqu’au moment où tu dois décider de te jeter dans le vide. C’est pas si naturel que ça, de sauter la tête la première depuis une grue. Un truc dans ma tête semblait vouloir m’en empêcher à ce moment-là, et je me rappelle bien de ce « bug », et du passage en pilote automatique. Pour réussir à sauter, il vaut mieux ne pas trop réfléchir. Quelle satisfaction !
Je le recommande à tous les amateurs de sensations fortes. Et puis, malgré les apparences, c’est sans danger (tant qu’on respecte les règles). Attention si tu portes une casquette, des boucles d’oreilles…tout s’envole. Ne garde rien dans tes poches, mets tout dans ton sac ! Mais ne t’inquiète pas, tu retrouveras tout ça en bas


Thursday January 01, 1970

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Thursday January 01, 1970