J’ai testé pour vous… le déconfinement !


55 jours, 1320 heures, 79 200 minutes, 4 752 000 secondes… ça en fait du temps, non ? Du temps à l’attendre, à l’espérer, à le rêver, à le cajoler… ce merveilleux déconfinement !
Et bien, ça y est, il est là, il est arrivé ! Il s’est pointé le 11 mai comme ça, l’air de rien et nous on doit se débrouiller avec. Alors, je sais pas toi, mais moi, je galère un peu !
En t’attendant
Quand j’ai appris qu’on allait être confinés, je le sentais déjà un peu venir et j’ai un peu pris ça comme une aventure qu’on allait tous vivre en même temps. Au début, c’était d’ailleurs presque excitant (si on enlève le fait que la coupe d’Europe et Roland Garros ont été reportés évidemment) : les blagues des potes, les initiatives sur les réseaux sociaux, les apéros et autres réjouissances par caméras interposées, les attestations à remplir, à re-remplir, à re-re-remplir, les petits mots entre voisins pour s’entre-aider, les sourires dans la rue entre inconnus parce que on est tous dans le même bateau, la redécouverte de ma cuisine etc. Ça n’a pas empêché les inquiétudes et les questionnements sur ce satané virus mais y’avait une ambiance quoi, quelque chose d’inédit et d’étrange, un peu comme une parenthèse.
Et puis, ça s’est essoufflé. Au bout de quelques temps, c’est devenu long. Long parce que j’avais envie de voir ma famille et mes ami.e.s, envie d’aller plus loin qu’1km de chez moi, envie de retourner travailler sur place et de rendre à mon salon sa fonction première (le CHILL). Envie que cette parenthèse se ferme finalement (parce qu’une parenthèse, c’est censée se fermer, t’es d’accord ?). Donc, j’ai attendu. Jusqu’au jour où…
C’est ENFIN arrivé !
Français, Françaises, le 11 mai, on déconfine.
On en a tellement parlé… on l’a tellement attendu, on se l’est imaginé 1000 fois… Forcément, l’idée est devenue belle et excitante ! Mais, dans ma réalité, elle est aussi devenue un peu paralysante.
En fait, je me suis retrouvée avec l’autorisation de sortir et de reprendre quelques vieilles habitudes perdues depuis trop longtemps (me balader, voir des ami.e.s, aller faire du shopping) mais tout en ayant l’impression que c’était pas réellement recommandé. C’est une semi-liberté qui te permet de retrouver un peu le gout du monde extérieur mais en amuse-bouche : c’est ni l’entrée, ni le plat principal, ni le dessert. Tu vas voir tes ami.e.s ou ton amoureu.se.x, mais tu te mets un masque et tu restes à deux mètres. Au top !
Je le sais bien qu’on a basculé dans une autre phase et que c’est positif mais c’est comme si je le ressentais pas vraiment au départ. Je suis là à hésiter, c’est du « j’y vais/j’y vais pas » constamment. Au moins, le confinement, les règles étaient claires : je sors pas ! Là, c’est beaucoup plus flou et donc je me sens un peu perdue. Pas toi ? Je culpabilise si je sors parce que « ouais mais on sait jamais » et je culpabilise si je sors pas parce que « ouais mais on va pas rester enfermés toute notre vie ». C’est un combat intérieur de tous les instants. D’un côté t’as la pression pour sortir parce que t’es quand même un peu chelou si t’as envie de rester confiné.e mais de l’autre t’as la pression pour faire TRÈS attention parce que t’es irresponsable et tu fais trop comme si le virus s’était fait la malle. Le juste milieu est bien difficile à trouver !
Et puis honnêtement, c’est pas rien de redécouvrir le monde au bout de deux mois de confinement. C’est même un peu stressant, tu trouves pas ? Faut se réhabituer et ça prend un peu de temps ça. Y’a deux mois, il pleuvait, il faisait 10 degrés et je croisais jamais personne. Aujourd’hui, ça sent le printemps, il fait 25 degrés, les lilas ont eu le temps de fleurir et de défleurir et les gens bourgeonnent. Perso, j’ai besoin d’un petit temps d’adaptation
Et maintenant, on fait quoi ?
Et bah… alors… oui… On pourrait…. Bon, on fait ce qu’on peut à défaut de faire ce qu’on veut. Et puis, on attend peut-être encore un peu finalement.
Mais, comme je suis un peu plus rodée dans cette attente, elle est moins pénible qu’avant. Déjà parce que j’ai pris des habitudes pendant le confinement #ungateaufaitmaisonparjour que j’ai bien envie de garder encore un peu et ensuite parce que je sais qu’on va se sortir de tout ce truc assez moche qu’on a vécu (et parce que Roland Garros devrait avoir lieu en septembre aussi).
Donc je vais prendre mon temps et suivre mon propre rythme. L’idée, pour moi, c’est de reprendre le travail ailleurs que dans mon salon, de voir quelques personnes proches (en respectant AU MAX les gestes barrières) et de réapprendre à partager ma ville avec tous ses autres habitants Mais tout ça, petit à petit et c’est déjà pas si mal, tu trouves pas ?
Si tu as envie de nous parler un peu de ton déconfinement n’hésite pas à nous appeler ou à témoigner dans le Forum.


Thursday January 01, 1970